Un exemple de débat historiographique: la 1ere Guerre mondiale.
I/Les problématiques changent par ordre chronologique.
Dans es années suivant la guerre, la question qui s'est posé c'est le déroulement des opérations militaires. Cela reste une question centrale. Dès le lendemain de la guerre des déclarations officielles ou quasi-officielle entre 1922 et 1939 sont publiées:Les armées françaises dans la Grande Guerre en 34 volumes. De manière quasi officielle Gabriel Hanotaux, historien, a publié une Histoire illustrée de la Guerre de 14 en 17 volumes.
Pendant la guerre est publiée une histoire continue, Le panorama de la Guerre, publié après la guere où les allemands sont vus comme des bandits.
Sont ensuite publiés d'innombrables mémoires par les généraux comme Foch, Cherfis...
Comment expliquer la guerre, qui est responsable des victoires et des défaites? Ex: 1918: victoire à Pétain ou Foch?
Le haut commandement a-t-il commis des fautes majeures? Ex: bataille de Charleroi 21 au 23 Août 1914: cela aurait pu être évitable. Fin Août 14, le général Lanrezac qui le 25 août a ordonné à son armée de se replier sans l'accord de son supérieur. Cela lui coûte sa carrière mais aurait quand même sauver la France.
Depuis 35 ans, l'étude de ces questions militaires c'est effondrée dans les manuels scolaires. On néglige les opérations militaires excepté peut être Verdun. => Rupture des années 1970-1980.
II/Qui est responsable de la Guerre?
C'est une question posée très tôt, avec une version officielle imposé par le traité de Versailles en 1919: article 231 considère l'Allemagne comme responsable.
Pierre Renouvin publie une Histoire de la diplomatie française dès 1925 avec les Origines immédiates de la Guerre.
Jules Isaac écrit Malet (décédé pendant la guerre) avec une partie sur Les problèmes des origines de la guerre.
C'est un sujet polémique, avec l'opposition de 2 thèses:
-Les allemandes comme le dit le Traité de Versailles
-franco-russes: russes pour écraser le mouvement révolutionnaire et la France pour ne pas rompre l'alliance sous l'impulsion du Président de la République Poincaré.
On insiste sur les milieux nationalistes et pan-germaniques en Allemagne. L'influence aurait cependant été limitée, mais le pan-germanisme est plus populaire que le nationalisme en France. Sur cette question est paru un ouvrage contesté, par Fisher qui a travaillé d'après les archives allemandes de la Willem Strabe: l'Allemagne aurait cherché délibérément le conflit en 1914 en poussant l'Autriche-Hongrie, sans pour autant penser que le conflit deviendrait mondial. Autriche Hongrie aurait du vite écrasé la Serbie et si cela devait déclencher un conflit mondial, tant pis.
III/Déroulement de la guerre du point de vue des combattants.
Comment ont-ils tenus? Qu'est ce qui les a fait tenir? Les témoignages sont nombreux avant même la fin de la guerre par des combattants avec des souvenirs parfois romancé pour atténuer les choses. Ex: Henri Barbusse publie en 1917 Le feu est un livre pacifiste publié pendant la guerre.
Roland Dorgelès publie les Les croix de bois qui est un énorme succès mais qui ne gagnera pas le prix Goncourt.
Dans les années 1930 paraissent des compilations de témoignages. Ex: 1932, La guerre racontée par les combattants. Se pose des questions de crédibilité car des contradictions voient le jour.
L'ouvrage de Jean Nortoncru, universitaire français bilingue; dans les années 1930 paraît un énorme ouvrage témoin qui est une critique très minutie, puis un témoignage dans une version plus courte. Il a fait la guerre, certains s'en valorisant ou inversement.
Dans les années 1970 et après il y eut un décalage très nette avec la publication d'un certain nombre de témoignanges de personnes non connus qui auraient tenus des carnets. C'est une nouveauté. L'un des tout premiers Les carnets de Louis Barthas, tonnelier de métier, homme du SO, mobilisé ayant fait la guerre en première ligne à 38 et 39 ans, militant socialiste qui faisait son devoir. Devant le succès, on se mit à déterrer les carnets et les souvenirs en France et ailleurs, ainsi que des lettres de combattants pour montrer l'opposition à la guerre. Les lettres étaient souvent interceptés par la poste: Les poilus ont la parole de Nicot montre que dans les toutes dernières semaines de la guerre il y eut un affaiblissement du moral car personne ne voulait être le dernier mort.
IV/Dans les années 1960 et après.
Éclosion des thèses universitaire sur des points particuliers comme Pedroncini Les mutineries dans l'armée française, révolutionnant l'image de l'armée française.